11 juin 2018

Trucs et astuces pour lutter contre la procrastination


Petit à petit, j'essaye de désapprendre la procrastination. C’est un exercice mental difficile une fois que l’on a laissé l’art de tout remettre à demain devenir un réflexe. Toute tâche un peu ennuyante et n’apportant pas de gratification immédiate devient insurmontable et procrastinable. Au-début, on repousse les choses les plus évidentes : les lectures et les travaux pour l’université, les corvées et autres tâches ménagères, l’appel un peu ennuyant et pas vraiment urgent que l’on doit faire à sa banque, le RDV chez le médecin lorsqu’il n’est pas vraiment question de vie ou de mort… Et puis, lentement mais sûrement, tout devient difficile, tout devient quelque chose que l’on peut faire plus tard, et encore plus tard, et demain, et la semaine prochaine, et dans un mois… Inévitablement, le temps passe.

J’ai réalisé qu’il fallait que je m’oppose consciemment à la procrastination lorsque j’ai commencé à procrastiner des tâches que j’appréciais normalement telles que la lecture, le visionnage de films et de séries et l’écriture... Et puis, évidemment, quand il a fallu que je confronte le fait que j’ai procrastiné mon mémoire de maitrise pendant un an — un an ! Tant de temps perdu sur une tâche certes ennuyante mais surmontable et si gratifiante une fois accomplie !

Je vous présente donc les mesures que j’ai prises pour contrer la procrastination il y a environ trois mois, et qui m’ont permises, entre autres, de commencer et terminer la première partie de mon mémoire procrastinée pendant douze mois.

Le bullet journaling


Pouvoir noter quelque part les choses que je dois faire et apprendre à organiser mes semaines à l’avance m’a permis de subdiviser mes plus grosses tâches. Au-début, lorsqu’on est coincé dans le cercle vicieux de la procrastination, la plupart des tâches semblent insurmontables. C’est bien d’être patient avec soi-même et d’y aller petit à petit en découpant ses tâches les plus difficiles en une séries d’actions que l’on peut étaler sur plusieurs jours si cela est possible. La satisfaction de la case cochée, le fait de pouvoir garder une trace de ses activités, l'agacement de devoir réécrire plusieurs fois une action reportée et le fait d’être obligé de s’asseoir trente minutes au-début de chaque semaine pour préparer sa page hebdomadaire pour qu’elle ne soit pas trop moche m’a beaucoup aidé.

Voici mes pages de la semaine et en-dessous des pages que j’aime beaucoup :


Il y a autant de façon de tenir un bullet journal que de gens dans le monde. Il y a des bullet journal très minimalistes et il y en a des très chargés. Je dirais que je suis entre les deux. Il n’est évidemment pas nécessaire de commencer spécifiquement un bullet journal pour moins procrastiner, mais noter ses différentes tâches de la journée quelque part afin d’avoir un certain recul par rapport à celles-ci et afin de pouvoir les approcher différemment aide énormément.

Pour mieux organiser ses différentes tâches, il est bien aussi d’établir une liste de priorités.

La raison principale qui me poussait à procrastiner constamment est simple. Je suis quelqu’un qui a toujours 50 projets et veux faire un million de choses en même temps. J’avais du mal à décider mes priorités immédiates parce que tout me semblait important. Il m’a donc fallu choisir les choses sur lesquelles je devais me concentrer sur le moment pour avancer. Rien ne peut être fait si on éparpille son attention et son énergie, surtout lorsqu’on parle de tâches qui s’apparentent plus à des marathons qu’à des sprints (écrire un mémoire, par exemple). C’est quelque chose qu’il a fallu que j’accepte malgré moi aha.

En ce moment, mes deux plus gros projets sont donc : mon projet de roman et mon mémoire. Et à ces projets viennent se greffer les tâches immédiates du quotidien comme les courses, les tâches ménagères, les rendez-vous médicaux, mon déménagement, etc. Je n’ai pas abandonné mes autres projets, je les ai simplement mis de côté en attendant de terminer ceux sur lesquels je suis actuellement en train de travailler. Car oui, un projet débuté et/ou terminé a plus de valeur qu’un projet imaginé et jamais entamé. Je me le répète constamment pour garder ma concentration.

Ensuite, pour luter efficacement contre la procrastination, il est important de prendre soin de soi.

À un moment donné, il a fallu que je me demande pourquoi j’étais constamment fatiguée, pourquoi même après 10h de sommeil, me lever semblait une tache insurmontable. Il est évident qu'il est difficile voire impossible d’accomplir quoique ce soit lorsque toutes tâches semblent demander une énergie que l’on ne possède pas. 

J’ai dû réaliser que je ne savais pas manger. N’ayant jamais été une grande fan de nourriture, manger a toujours été pour moi une grosse corvée. Je m'empiffrais des nourritures les plus consistantes possibles (viandes, pâtes, autres féculents) qui remplissent rapidement, sont faciles à cuisiner, histoire de ne plus  avoir à penser à mon estomac pendant plusieurs heures voire le restant de la journée.

Je manquais clairement de nutriments. J’ignorais ce dont le corps a besoin et où trouver ces choses dans la nourriture. J’ai fini par revenir aux bases : fruits, légumes, légumineuses, grains, et c’est tout. Pas de pâte, pas de viande, plus aucun aliment transformé. Mes plats ont commencé à tous se ressembler (lol) mais la grande quantité de fibres ingurgitée à complètement changé mon rapport à la faim de toutes les façons (adieu les craving). Moi qui voyais l’acte de manger comme quelque chose d’ennuyant, j’ai commencé à considérer la nourriture comme du carburant pour mon corps et c’est devenu beaucoup plus agréable de cuisiner et de me nourrir. 

Petites courses
J’ai appris ce qu’il y avait dans les aliments, ce dont j’avais besoin, la quantité qu’il me fallait par jour, et j’ai commencé à prendre des suppléments aussi (vitamine D pour l’absence de soleil et B12 pour l'absence de produits d'origine animale). Je me suis aussi mise à boire 2L d’eau par jour, réalisant que je vivais en constante déshydratation aha.

J’ai régularisé mes heures de sommeil en me couchant tous les soirs avant 23h. Résultat : mon alarme naturelle s’est remise à fonctionner correctement et j’ai commencé à me lever sans réveil à 6H00-6H30. 

Au bout d'un mois, le voile de fatigue et de lassitude qui obstruait mes mouvements s'est subitement levé. Franchement, ce fut comme une résurrection. Jai eu limpression de passer de létat de zombie à celui dêtre humain, et aujourdhui jai vraiment du mal à comprendre comment jai pu vivre toutes ces années comme je lai fait. Le corps est une machine extraordinaire si on le traite correctement. On ne réalise vraiment pas à quel point il peut être alerte et dynamique.

L’idée ici n’est pas de suivre mon exemple aha Je sais que mon revirement alimentaire peut sembler extrême. Je ne le suis d'ailleurs moi-même pas à la lettre, et je me permets un fast food de temps en temps parce que tout est toujours question de balance. L’idée ici est d’écouter son corps, d’être en phase avec ses demandes. Je vois trop souvent une grosse dissociation entre corps et esprit alors que nous sommes bien un corps ET un esprit et pas l’un ou l’autre. Il est donc autant nécessaire de prendre soin de l’un que de l’autre.

La motivation, qui était alors quelque chose de quasi impossible à trouver, est devenue plus facile à atteindre. Jai aussi compris une chose cruciale.

Photo prise à mon arrivée au Canada il y a déjà presque 5 ans !
Le temps passe que l’on en fasse quelque chose ou non. C’est un fait dont on est tous conscient, mais qui lintériorise vraiment ? Que l’on décide de passer ses journées au fond de son lit à regarder des séries ou que l’on prenne la décision de partir faire le tour du monde, le temps passe et ne revient pas. On peut décider de faire ce qu’on veut avec et de l’utiliser comme bon nous semble, mais il faut garder à l’esprit qu’une fois que ce temps est utilisé c’est fini. Donc pourquoi ne pas en faire quelque chose de vraiment gratifiant ? Quelque chose qui nous ferait nous sentir accompli et vraiment heureux ? 

Pourquoi ne pas essayer de tuer le temps en apprenant de nouvelles choses, en créant de nouvelles choses, en faisant un petit pas de plus vers les objectifs que l'on s'est donné ? C’est inévitable, certaines choses demandent plus de temps que d’autres — écrire un livre, réaliser un film, jouer d’un instrument, lire un livre, apprendre une nouvelle langue, obtenir un diplôme universitaire, etc. Donc après c’est à chacun de décider si ces choses en valent la peine.

Selon moi, avoir cette perspective permet de hiérarchiser ses activités de façon plus saine. Si on aime rester à la maison et binge-watcher Bob’s Burgers sur Netflix, pourquoi pas ? Le temps utilisé pour une activité qui nous rend heureux n’est jamais du temps perdu. Mais garder à l’esprit que ce temps pourrait aussi être utilisé pour avancer dans des projets de longues haleines et émotionnellement plus gratifiants sur la durée peut être le petit boost nécessaire pour prendre le dessus dans son éprouvant combat contre la procrastination.

4 juin 2018

Come Monday Night #4

La chaleur à Montréal en ce moment est assez impressionnante. On se dit déjà « adieu printemps » alors que nous n'avons eu droit qu'à quelques jours de douceur (assez pluvieux en fait) de fin avril à mi-mai.  

Étrangement, l'humidex qui tangue entre 30 et 35 ne m'embête pas tant que ça, moi qui ai pourtant passé la grande majorité de ma vie à me plaindre de la chaleur. Au contraire, j'apprécie l'air moite et bien collant, les petites bourrasques de vent poussiéreuses, et les pissenlits qui passent lentement de petites fleurs jaunes mignonnes à enfer cotonneux grisâtres dans les caniveaux. Je rafraichis ma garde-robe estivale (constituée de trois vêtements décolorés et troués donc il était temps aha), sors avec joie mes robes et combinaisons achetées en Martinique il y a six mois. 

Sinon pour accueillir l'été j'ai sauté le pas.



Eh oui, j'ai tout coupé. J'en parlais depuis presque un an donc il était temps aha. Mes cheveux étaient sains et beaux, mais pénibles à entretenir et à coiffer parce que j'en ai juste des tonnes et des tonnes (euphémisme). J'ai fini par me lasser.

Je suis assez satisfaite de ma coupe même si je la trouve peut-être un peu trop longue sur le dessus étant donné le fait que mon but est de ne plus vraiment avoir à me coiffer. Donc il y a de fortes chances que je retourne au salon pour quelques retouches ^.^

Films

Je continue d'enchaîner les films Ghibli avec l'espoir de tous les regarder un jour. La semaine dernière j'ai donc visionné La Colline aux coquelicots. Réalisé par le fils de Miyazaki, je crois que ce film est pour le moment le Ghibli dont j'aime le plus l'atmosphère. La petite ville près de la mer, le ciel rose et orange. Les personnages qui s'activent aux fourneaux, courent et bondissent avec cette énergie lente mais dynamique, propre aux animations Ghibli... c'est une combinaison de tout ce que j'adore.

Par contre l'histoire, hmm bof. La Colline parle de Umi Matsuzaki, une lycéenne de 16 ans qui habite dans une jolie maison surplombant le port avec sa grand-mère, ses frères et soeurs, et deux étudiantes. Sa mère étant partie en voyage pour une durée indéterminée, c'est Umi qui s'occupe de la maison. Elle se lève chaque matin aux aurores pour cuisiner pour tout le monde et hisser une série de flottants maritimes. Un jour un poème anonyme lui est dédié dans le journal de son école...

C'est une histoire d'amour classique, avec des retournements de situation un peu tirés par les cheveux, mais l'atmosphère du film et la justesse avec laquelle les personnages et leurs sentiments sont explorés rattrapent les choses qui m'auraient normalement fait rouler des yeux.



Cette semaine j'ai aussi regardé The Shape Of Water de Guillermo del Toro. Oui, le fameux film d'amour entre une femme muette et un homme poisson aha.

Je m'attendais vraiment à l'aimer parce qu'il semblait mixer sentimentalité et absurdité d'une façon qui me plait généralement beaucoup. Mais malheureusement je l'ai  trouvé plutôt bof. J'ai aimé pleins d'aspects cinématographiques mais l'histoire et les personnes ne m'ont fait ni chaud ni froid... à part peut-être Michael Shannon qui est absolument terrifiant (et terrific) dans le role de Strickland.

La musique est super belle, la réalisation ingénieuse et jolie (la scène sous la pluie avec Strickland et Hoffstetler est juste magnifique), les acteurs sont bons, l'histoire originale... mais... Mais quelque chose me dérange dans l'utilisation du réalisme magique. Je l'ai trouvé maladroit à côté des scènes très réalistes qui cherchent à attaquer racisme, homophobie, misogynie et capacitisme (et échouent d'ailleurs magistralement). Ce fut aussi difficile pour moi de me soucier des personnages très « Amélie Poulin » -- pour ne pas dire caricaturaux.

Et puis au final, rien ne m'a surpris. Tout m'a semblé beau mais... plat, fait spécifiquement pour être apprécié par le public.

Musiques

Ayant passé les semaines précédentes à écouter du Guns N'Roses, j'ai eu envie de me rincer l'âme et les oreilles avec de bonnes artistes féminines lol (les vrais comprendront le dégout). J'ai donc passé la semaine à écouter les albums Jagged Little Pill de Alanis Morissette et Tidal de Fiona Apple. Ce dernier album est probablement dans mon top 10 de ceux que je peux écouter encore et encore sans jamais me lasser. J'en aime pratiquement toutes les chansons, je ne sais d'ailleurs même pas laquelle choisir pour cet article argh


J'ai aussi découvert un nouveau morceau grâce aux Guns. Le groupe en a fait une reprise à deux ou trois concerts et comme je la trouvais absolument magnifique (les paroles sont vraiment très belles et chantées par Axl, très significatives), j'ai eu envie d'aller jeter un coup d'oeil à la version originale. Coup de coeur.



Et voilà, j'espère que vous avez passé un beau lundi :) Bonne semaine à tous !