31 janvier 2018

Retour aux sources (2)


Retourner à Saint-Martin après le passage d'Irma fut assez particulier. La joie des retrouvailles avec mes parents, les noeuds dans l'estomac face à leurs anecdotes sur la vie pendant et après le cyclone, la lourde mélancolie face à la réalisation que même avant cet ouragan, les liens m'attachant à ce lieu avaient depuis longtemps commencé à s'effriter.

Beaucoup des bâtiments qui ont été détruit par le cyclone sont les derniers qui étaient encore rattachés à la vie que j'ai vécu sur cette île. Mes anciennes écoles, le lieu où ma mère a toujours travaillé, des épiceries, des lieux public et communautaires... Beaucoup de personnes ont aussi quitté l'île, emportant avec eux les fantômes qui hantent mes souvenirs d'enfance. La maison dans laquelle j'ai grandi a aussi été démolie il y a environ deux ans. Ça laisse la sensation de flotter dans le vide, de ne plus avoir d'endroit où retourner. Mais ce n'est, heureusement, qu'une sensation. L'amour peut aussi être un lieu. 




En décembre, la majorité des habitations de l'île étaient encore sans toit. La situation m'a paru extrêmement précaire et inquiétante, sachant que la prochaine saison cyclonique est dans six mois et que l'île est fréquemment sujette à des tremblements de terre (il y en a eu un le premier jour de nos vacances !). Mais depuis, ma mère m'a affirmé que certains toits commencent à être réparés, donc l'inquiétude s'essouffle... un peu.






Au final, ce voyage m'a fait du bien. J'étais contente de retrouver mes parents et cette île avec laquelle j'entretiens une relation si compliquée. Le soleil, la mer, le bruit constant des oiseaux ou des criquets, c'est aussi à ça que j'appartiens.



Bisous,
M.